La médiation démystifiée
Qui sollicite les services de médiation? Quelles sont les motivations de ces personnes à entreprendre une telle démarche? Quels sont les impacts de la médiation? C’est à ces questions que les chercheurs de R.E.S.P.I.R.E ont récemment répondu dans une étude, à la demande de Trajet. Les principales conclusions de cette recherche ont été dévoilées lors du dernier Forum mondial de médiation.
La médiation, un processus méconnu
La chercheuse Nathalie Boucher a mis en lumière une méconnaissance profonde de la médiation chez les personnes qui y ont recours. « Les gens s’imaginaient qu’un juge allait trancher ou forcer les parties vers une solution », rapporte-t-elle.
La démarche proposée par Trajet est pourtant tout autre. D’abord, l’équipe de médiation rencontre chaque partie séparément lors d’une rencontre exploratoire où les personnes participantes expliquent leur situation conflictuelle. Ensuite, une rencontre préparatoire à la médiation est organisée. L’équipe de médiation aide alors chaque partie, toujours en privé, à exprimer sa perception du conflit, ses besoins et ses demandes. Puis, si les deux parties acceptent de poursuivre la démarche, elles sont conviées à une séance de médiation.
Des médiateurs neutres et multipartites
Les médiateurs et médiatrices sont neutres et multipartites : ils ne prennent pas parti et offrent la même écoute à toutes les parties. « Les participants se rendent compte que le processus est très rigoureux et structuré. Ça crée un cadre de confiance. Le fait que ce soit multipartial leur donne espoir que la situation peut se résoudre », explique Nathalie Boucher.
La médiation citoyenne vise à responsabiliser les personnes participantes dans la gestion de leurs conflits. « La médiation les invite à prendre en main le conflit et la solution. C’est différent des autres processus judiciaires et ils ne sont pas familiers avec ça. Tout le travail des médiateurs, c’est de créer cette autonomie », souligne la chercheuse.
Bénéfices et atouts de la médiation
Qu’ils aillent jusqu’au terme de la médiation ou non, les personnes participantes constatent les bienfaits du processus. Plusieurs d’entre elles rapportent une amélioration de leur qualité de vie du fait d’avoir été écoutées, d’avoir adopté une position d’ouverture à l’autre ou d’avoir vu l’autre partie s’engager dans la démarche.
De plus, elles apprécient la souplesse du processus (l’horaire est déterminé selon leurs disponibilités), la gratuité du service et le fait d’avoir une solution de rechange au système judiciaire traditionnel.
Cette étude, financée par le Fonds d’études notariales de la Chambre des notaires du Québec, s’est appuyée sur des entretiens avec 27 participants et 5 médiatrices.
Pour consulter le rapport de recherche, merci de cliquer sur ce lien.
Pour visualiser le PowerPoint présenté par l’organisme Respire, merci de cliquer ici.